Après la pause estivale, notre association fait sa rentrée et reprend les réunions un jeudi soir sur deux en dehors des vacances scolaires.
En revanche, il est
à savoir que, durant tout l’été, nous avons continué les réunions du lundi
après-midi. Un travail important y a été fait :
-
Classement des factures.
-
Rangement des coupures de presse.
-
Classement et rangement des vêtements anciens.
-
Construction de décors pour l’exposition de
janvier 2027.
-
Après le tri des archives l’année dernière, un
second tri et un classement sont en train d’être réalisés.
-
Tri des archives sur la guerre 1914/1918.
-
Rédaction des plaquettes sur le thème de la
future exposition.
-
Création du plan de l’exposition.
-
Rangement de la réserve à matériel et
aménagement plus fonctionnel.
Le
jeudi 27 août 2026, la seconde partie de notre année associative reprenait donc.
Ces
réunions du jeudi soir rassemblent les membres actifs de notre association
« Si Pérenchies m’était contée… » disponibles afin de commenter la
vie de notre ville, de rendre compte de nos activités et de nos projets et de
découvrir de nouveaux documents sur notre passé et le patrimoine de Pérenchies.
Philippe JOURDAN, président de SPMC.
3 septembre 2026.
DECES
D’AUGUSTO SANSOVINI
Histoire
d’un centenaire, Augusto SANSOVINI.
Extraits
d’un texte que nous a transmis son fils Patrice avec l'aide de Florence
CAPPELLI, provenant de la plaquette « Il Gazzettino » du CFIP (Cercle
Franco-Italien de Pérenchies) publiée pour les 40 ans de l’association en 2016.
«
Je suis né le 25 août 1923 à Popoli en Italie. Rien ne me prédestinait à
m’installer dans le Nord de la France. J’avais travaillé deux ans en Allemagne
du Nord, à Lubeck, sur la mer Baltique, dans les chantiers navals, et au sortir
de la guerre, la république italienne, nouvellement créée, se rappela à mon bon
souvenir en me demandant de faire mon service militaire à Trieste comme
garde-frontière, puis à Naples.
Une
fois le service terminé, j’avais envoyé un dossier pour pouvoir repartir
travailler en Allemagne qui avait besoin de main-d’œuvre pour sa
reconstruction. En attendant, je continuais à travailler dans les briqueteries
alentours. Ce travail était saisonnier et m’occupait seulement de mars à
octobre. En effet, on ne fabriquait pas de tuiles ou de briques en hiver à
cause de l’humidité. Je travaillais avec mon père Aurelio et mon frère Ugo.
A
Pâques 1957, je rencontre Nicola Di-Battista, un voisin et ami, qui était déjà
installé à Pérenchies depuis un moment, et, dans la discussion, il me demande
si je suis intéressé pour venir en France. Il me racontait qu’il y avait du
travail à chaque coin de rue et que la France était demandeuse de main-d’œuvre.
A Pérenchies, il y avait une briqueterie qui cherchait des ouvriers surtout
avec du savoir-faire : c’était l’usine Despature-Cousin.
Cela
m’intéressait. Quelques semaines plus tard, je recevais une convocation pour me
présenter au centre d’immigration de Pescara. Suite au feu vert donné par les
autorités médicales, je reçois quelques semaines après un contrat de travail en
bonne et due forme et une convocation pour me présenter chez Despatures à «
Pérenkies » (prononcé à l’italienne). Mon frère Ugo avait décidé de prendre le
même chemin que moi. Début juin 1957, nous voilà partis. Arrivés à la gare de
Milan, nous nous rendons au centre d’immigration où l’on nous sert un repas
chaud, et où, nous devons repasser une visite médicale avec un médecin français
exigeant. Sur 200 personnes, la moitié seulement ont eu le tampon « apte » pour
venir en France.
Nous
pouvons alors continuer le voyage et arrivons à Reims, tard dans la soirée. La
correspondance pour Lille est partie et nous sommes seuls dans la gare. Le chef
de gare, qui devait fermer la gare, a compris que nous n’avions pas d’argent
pour aller à l’hôtel et nous a proposé de dormir dans le dépôt des bagages
fermé à double tour. Le lendemain, nous reprenions le voyage.
Arrivés
à Lille, c’est un cheminot qui nous met dans le bon train. Son aide et sa
gentillesse, ce sont les premières images sympathiques que je découvre de cette
région du Nord.
Nous
arrivons à Pérenchies, en début d’après-midi, puis, direction la ruelle des
Cousins où nous retrouvons les Silvestri. Cela nous réconfortait car les
parents et les enfants étaient nos voisins avant-guerre à Popoli. Ils nous
conduisent au château Despature, dans le bureau du médecin. On y installe des
matelas, nous étions agréablement surpris.
Chez
Despature, nous avons retrouvé des italiens du pays et fait connaissance avec
d’autres. J’ai travaillé comme cuiseur durant 4 ans et toujours de nuit.
En
1961, je décide de demander une augmentation de salaire à M. Despasture. Comme
il refuse, je quitte l’entreprise et j’entre alors à Ugine Kuhlmann à Saint
André. C’était un métier nouveau, celui de la chimie industrielle. J’ai fait
différents postes, surveillé des mélanges de toutes les couleurs, des acides,
des nitrates et des engrais que j’ai dû doser. J’ai aussi surveillé des cadrans
de pression pour éviter des accidents graves car l’usine était classée Seveso.
Je
me suis marié en 1965 avec Marie-Jeanne Millevylle, qui habitait déjà rue Henri
Bouchery où j’ai acheté la maison lorsque la société Agache l’a mise en vente.
J’ai
eu un fils Patrice en 1966.
Ces
années 60/70 étaient des années heureuses dans une France qui travaillait et
s’amusait aussi. Je n’ai jamais eu l’intention de retourner au pays. J’étais
trop bien ici.
J’ai
toujours fait la route à bicyclette, de Pérenchies à St André, été comme hiver,
par beau temps comme par temps de neige. Pendant plusieurs années, je n’ai pas
pris de congés et j’ai toujours privilégié le travail de nuit pour gagner plus.
Puis,
est venu le moment de la retraite. Comme il y avait des élections au Cercle
Familial des Italiens de Pérenchies, Maria Di-Battista, élue présidente, me
demanda de faire partie du bureau et je fus élu au CA où je suis devenu
secrétaire.
Au
club, je retrouvais des amis. J’ai fait aussi connaissance avec d’autres
Italiens que je connaissais peu. Ces années du cercle furent formidables de
camaraderie et de convivialité. J’avais plaisir à m’investir. Les soirées
« spaghetti » étaient mémorables. Le mieux, c’était le samedi soir,
les parties de pétanque en été. En hiver, on jouait aux cartes jusqu’à 1h ou
2h du matin.
Dans
les années 90, beaucoup sont partis au club de pétanque et j’ai suivi le
mouvement.
J’ai
arrêté le cercle en 1993. Aujourd’hui, je suis les activités du nouveau CFIP.
C’est différent. C’est autre chose mais je suis content qu’il perdure et qu’il
attire du monde.
Ce
vendredi 25 août 2023, mon fils Patrice a décoré la maison de quelques
banderoles et de 3 chiffres qui marquent le nombre 100. Un vrai carnaval !
Sur la table, quelques verres et biscuits attendent les amis de passage pour
fêter mes 100 ans. Sur la porte, un petit écriteau invite les personnes qui le
souhaitent à entrer dans mon foyer, occasion d’évoquer de nombreux souvenirs
vécus au cours de ces 100 années ».
DECES
DE SŒUR ADRIENNE
Mme
DEARAUJO, membre de notre association SPMC, vient de nous apprendre, avec
émotion, le décès de Sœur Adrienne, Odette de son prénom, ce vendredi 31
juillet 2026, dans la maison de retraite de l’ancienne maison mère de la
congrégation à Angers, à l’âge de 95 ans. Nous présentons toutes nos
condoléances à sa famille, ses amis et à l’ensemble des religieuses de la
Charité d’Angers, la forêt. Sœur Adrienne est restée très longtemps dans la
maison des religieuses de la rue Gambetta, aujourd’hui le secrétariat de
l’école privée Sainte-Marie de Pérenchies. Elle gérait le quotidien. Elle
s’occupait aussi du patronage Saint-Léger et, en son sein, des clubs Perlin et
Fripounet, de l’A C.E. (Action catholique de l’Enfance). Tous les mercredis et
samedis après-midi, hors vacances scolaires, on y accueillait en deux groupes
des enfants afin de leur proposer des activités de loisirs, le mercredi pour
les plus grands et le samedi pour les plus jeunes. Des animateurs bénévoles
encadraient la structure sous la direction de Sœur Adrienne, contrôlée de loin
par Sœur André. Entre les deux sœurs, ce n’était pas tous les jours facile.
Sœur André était une femme de caractère aimant diriger et planifier. Sœur
Adrienne était plus dans la retenue, n’hésitant pas à accomplir les tâches que
d’autres n’aimaient pas faire. Elles surent néanmoins faire ensemble dans des
objectifs communs et fédérateurs au service de leur foi, de leurs engagements pour
les autres et pour notre ville et notre paroisse Saint-Léger. Sœur Adrienne que
l’on appelait « Ma sœur » était une petite femme, toute menue,
portant des lunettes.
Je
ne l’ai jamais connue en tenue religieuse, celle-ci portant des vêtements
civils. Un jour, mes sœurs ayant fréquenté l’école Sainte-Marie, on me demanda
de consacrer quelques heures à ces animations. Par la suite, on quitta l’école
Sainte-Marie, pour 2 préfabriqués municipaux sur le terrain scolaire car il
devenait difficile d’utiliser 2 fois par semaine une salle de classe à l’école
Sainte-Marie, l’enseignante devant chaque fois ranger son matériel… Durant
quelques années, les clubs Perlin et Fripounet continuèrent alors sur le
terrain scolaire avec la présence de Sœur Adrienne et de nombreux animateurs
toujours bénévoles. Un jour, il fut demandé à mon père, Henri JOURDAN, de
prendre la direction de la structure dénommée Patronage Saint-Léger. Petit à
petit, sœur Adrienne et Sœur André abandonnèrent leurs responsabilités d’autant
plus que je décidais de laïciser les clubs de loisirs et qu’ainsi fut fondée
l’association « Enfance et Loisirs de Pérenchies », responsable
légalement du Club N. C. C. (Nattes et Culottes Courtes) qui fonctionna encore
de nombreuses années jusqu’au moment où la ville demanda à nous mais aussi au
C. L. E. P. (Centre de Loisirs des Enfants de Pérenchies appelé aussi CLEEP, le
E supplémentaire signifiant Eveil) d’arrêter nos activités, la municipalité
prenant la relève…Sœur Adrienne a été aussi, durant plusieurs années, engagée
par la ville de Pérenchies comme directrice du centre aéré municipal des petits
en été.Par la suite,
les religieuses quittèrent Pérenchies. Certaines prirent leur retraite à la
maison de retraite de la rue du général Leclerc. Sœur Adrienne quitta
Pérenchies. Je sais qu’elle se retrouva à un moment partageant l’habitation de
Sœur André. Je ne sais plus où. J’eus l’occasion d’avoir alors quelques
nouvelles par téléphone. Elles finirent leur vie à Angers où avait commencé
leur vie religieuse. Une année, Sœur André est venue nous rendre visite à
Pérenchies lors d’un Grand Spectacle. Beaucoup de gens furent heureux de la
revoir.
Aujourd’hui,
Sœur Adrienne n’est plus. Il nous reste de nombreux souvenirs de notre
adolescence et de notre vie d’animateurs pour les enfants de Pérenchies.
D’autres Pérenchinois ou des paroissiens auront peut-être aussi quelques
souvenirs à évoquer… Merci pour tout ce temps consacré aux autres et pour ces
valeurs qu’elle nous a communiquées qui ont sans doute fait ce que nous sommes
devenus.
Ses
funérailles ont eu lieu mercredi 5 août dans une chapelle à Angers.
Philippe
JOURDAN, président de 'Si Pérenchies m'était conté..."
Facebook SPMC page 1 204 du 15 août 2026.
C'est avec une très grande tristesse que
nous avons appris le décès, ce vendredi matin, à 10H30, de notre grand ami
Gérard RICHARD, parti à l'âge de 87 ans, suite à un A. V. C.
Hier encore, il rendait visite à un ami et je devais le rencontrer
prochainement pour évoquer, avec lui, sa grande passion, la vidéo et les films
montrant Pérenchies hier ainsi que la vie associative. Durant de nombreuses
années, Gérard a tenu, avec son épouse Monette, un magasin, rue Carnot. Lui, il
était chauffagiste et je me souviens qu'il venait chez mes parents chaque année
pour le contrôle de la chaudière. Si j'avais un problème de chaudière, un petit
coup de fil, et il arrivait presque immédiatement. Un de ses fils a pris
ensuite le relais.
La photo et la vidéo faisaient partie de ses passions. Que d'heures a-t-il consacrées
à monter les images qu'il avait prises, à y ajouter quelques effets et à
sonoriser l'ensemble. La chose s'était rapidement sue et plusieurs associations
lui demandèrent d'enregistrer fêtes et concerts. Ses amis profitaient aussi de
son talent pour filmer quelques fêtes familiales. Il avait également participé
à de nombreux Grands Spectacles pour l'OMCL. Il venait filmer les répétitions
et, le jour des représentations, il était dans les coulisses, filmant tous ces
petits moments de vie qui restent aujourd'hui dans notre mémoire. Il avait été
contacté par un journaliste qui souhaitait rassembler des documents sur la
guerre d'Algérie et il s'était rendu à ce rendez-vous avec ses nombreuses
diapos qui témoignent de moments de vie mais aussi de notre histoire. Membre de
"Si Pérenchies m'était contée...", comme membre de soutien, il me
contactait parfois car il avait retrouvé des pépites dans ses trésors visuels
comme les vitrines décorées lors du Bicentenaire de la Révolution française ou d'autres
fêtes dans Pérenchies. C'est avec un énorme plaisir qu'il m'apportait la
cassette puis le DVD reproduisant ces scènes. Il m'avait beaucoup aidé lorsque
nous avions voulu honorer Pierre DUFOSSEZ, président de l'OMCL, le jour de son
départ. Il m'aida ainsi à réaliser de petits films sur la vie de notre ami
commun. Ancien combattant, il était souvent présent lors des cérémonies
patriotiques ou des animations de la section locale de l'UNC. Pour l'honorer,
la confrérie l'avait intronisé Chevalier de la Tarte à Prônes de Pérenchies et,
ce jour-là, il avait invité sa famille et il était très fier. Il ne savait pas
dire non et il passait de longues heures dans son bureau rempli de films, de diapos,
de photos et d'appareils techniques de prises de vues un peu anciens, profitant
de cette retraite. Dès qu'on y allait, on montait à l'étage, et le temps
passait vite à sa table de mixage car c'était un passionné. Sa femme insistait
alors pour qu'on descende prendre un petit café. Il me disait qu'un jour il
remettrait toute sa documentation visuelle à l'association d'histoire locale
car il savait qu'on était aussi des passionnés et on se comprenait. Plusieurs
drames familiaux, le départ d'être chers, s'étaient produits ces derniers temps
et il répétait souvent qu'il n'atteindrait pas 88 ans. On aurait préféré que
cela ne se vérifiât point. Il habitait à Lompret mais son cœur était à
Pérenchies. La messe de funérailles a eu lieu ce vendredi 21 août 2026, à 9H30,
en l'église Saint-Léger. Nous adressons, à son épouse, à ses enfants, à sa
famille proche, à ses nombreux amis et aux associations qu'il accompagnait,
toutes nos condoléances et toute notre affection. Lors de nos premières
rencontres, je ne savais jamais comment je devais l'appeler, Gérard ou Richard
! Aujourd'hui, j'ai une pensée émue pour Gérard, un de mes amis. Sur son
adresse mail était écrit « coeur2lion ». Son cœur a cessé de battre
mais il restera dans notre mémoire et dans notre vie locale car il a longtemps
battu pour sa famille, ses amis et notre commune, au service des autres.
Comme il était toujours derrière un objectif, on a peu de photos de lui.
Néanmoins, j’en ai trouvé quelques-unes.
Aujourd'hui, il s'est éclipsé, mais on sait qu'il est parti avec, sur son
épaule, la dragonne d'un appareil photo et, dans la main, une caméra.
Philippe JOURDAN, président
de 'Si Pérenchies m'était conté..."
Voici le texte qui a été prononcé par sa
fille, Sophie, le jour des funérailles.
« Aujourd’hui, nous sommes réunis pour
rendre hommage à mon papa, Gérard.
Né le 6 novembre 1938 à Santes, il a connu,
dès son plus jeune âge, une période difficile de notre histoire. Alors qu’il
n’avait que quelques mois, la guerre éclatait. Ses parents durent évacuer,
avant de revenir quelques semaines plus tard avec une charrette et un cheval,
récupérés dans la débâcle.
De cette période, il gardera notamment le
souvenir du bombardement de Lomme et de Lille en 1944, alors qu’il avait
presque six ans.
Puis la guerre s’est terminée et, avec elle,
sont revenues les petites choses simples de la vie, celles qui prennent parfois
une valeur particulière lorsqu’on en a été privé : les oranges, les bananes,
les frites, le mimosa, le bon pain blanc, le chocolat de Belgique… et puis le
cinéma parlant, le tourne-disque.
Le cinéma, justement, allait prendre une
place particulière dans sa vie.
Dès l’âge de 13 ans, il en était passionné.
Cette passion ne le quittera jamais. Plus tard, elle se prolongera avec la
vidéo, qui lui permettra de conserver des images de sa vie, de sa famille, de
ses voyages et de tous ces moments qu’il ne voulait surtout pas laisser
disparaître.
Après ses études en pensionnat, il revient
aider ses parents dans leur activité de fabrication de machines agricoles. Puis
vient le temps du service militaire, qui l’emmènera en Allemagne puis en
Algérie. Il y découvrira le désert, jusqu’à Tamanrasset et au Hoggar, et
assistera même, à Reggane, à l’explosion de la première bombe atomique
française, le 13 février 1960.
En décembre 1962, il revient à la vie civile
et reprend à Pérenchies un petit magasin de chauffage-sanitaire et
quincaillerie.
C’est aussi à cette période qu’il rencontre
Monette.
Ils se marient en avril 1963 et construisent
ensemble leur vie de famille.
Trois enfants naîtront de cette union :
Alexandre, Ludovic et Sophie.
En 1978, la famille s’installe à Lompret et
le magasin déménage rue Carnot à Pérenchies.
Pendant toutes ces années, mon papa a
travaillé, fait vivre son entreprise et surtout construit, avec Monette, cette
vie de famille qui comptait tant pour lui.
En 1998, il cède son entreprise, tout en
continuant à y travailler encore quelque temps.
Puis, en 2001, vient enfin le temps de la
retraite. Mais pour lui, la retraite n’allait certainement pas signifier ne
plus rien faire. Il avait encore tant de choses à découvrir, à filmer, à
partager. Avec sa caméra, il a parcouru les routes, les voyages, les
associations de Pérenchies. Il filmait les fêtes, les spectacles, les soirées
cabaret, les coulisses… Il aimait être derrière l’objectif, observer, garder
une trace. Au fond, c’était peut-être sa manière à lui de retenir le temps. Parce
qu’il savait que les moments passent, que les années filent, mais qu’une image,
un film, un souvenir peuvent rester. Et aujourd’hui, ce sont justement tous ces
souvenirs qui restent de lui. Son histoire, son parcours, ses passions, son
humour, ses habitudes, les moments partagés… Et surtout, tout ce qu’il a
transmis à ceux qui l’ont aimé.
Papa, aujourd’hui nous devons te dire au
revoir. Ce n’est pas facile. Mais nous voulons garder de toi les images d’une
vie bien remplie, les souvenirs heureux, les voyages, les repas, les fêtes, les
films, les éclats de rire et tous ces petits moments qui, avec le temps,
deviennent les plus précieux.
Tu as aimé le cinéma toute ta vie. Tu nous
as quittés le 15 août, jour de la Sainte-Marie, comme si ce jour avait une
résonance particulière pour toi, puisque c’était aussi le jour de ta sœur
adorée, ta marraine. Finalement, ce jour qui a toujours été synonyme de
famille, de retrouvailles et de fête devient aujourd’hui le jour où nous devons
te dire au revoir. Alors peut-être qu’aujourd’hui, nous pouvons simplement
imaginer que le film de ta vie vient de s’achever. Mais les souvenirs, eux,
continueront de défiler dans nos mémoires. Et tant que nous penserons à toi,
ton histoire continuera de vivre. Au revoir Papa ». Sophie. Août 2026.
DECES DE JEAN-CLAUDE SERLOOTEN
C’est
avec tristesse que nous avons appris le décès de Jean-Claude SERLOOTEN, ce
samedi 22 août 2026, à l’âge de 88 ans. Notre association d’histoire locale
« Si Pérenchies m’était contée… » l’a rencontré de très nombreuses
fois lors des forums d’histoire de la région, partageant sa passion de
l’histoire et du patrimoine du Nord. Il était membre du conseil
d’administration du Comité flamand de France, ancien président de l’Office de
tourisme de Marcq-en-Barœul et membre actif des associations de sauvegarde des
chapelles, des moulins et des retables de Flandre. Il avait organisé de
nombreux forums à Marcq-en-Barœul, dans la grande salle du champ de course, à
l’hippodrome du Croisé-Laroche. Notre association pérenchinoise y avait
participé. Qui ne se souvient pas des énormes affiches présentant l’événement
placardées dans toute la métropole ? Qui n’a plus en tête ce livret
présentant chaque association et publié à des centaines d’exemplaires ? Il
trouvait ces moyens par un carnet d’adresses énorme mais aussi par une facilité
de parler et d’évoquer. Il connaissait tant de choses sur chacune de nos villes
et quand on le croisait, il n’était pas question d’être pressé. Il avait
toujours quelque chose à dire et des projets plein la tête à raconter. On le
croisait aussi dans les forums d’histoire de la région lilloise entre les Weppes
et le Ferrain ou entre le Mélantois, la Pévèle et le Carembaut, les différents
quartiers de la Châtellenie de Lille. Merci pour ses connaissances, ses aides,
son intérêt et sa bonne humeur. Il fut aussi ancien combattant A.F.N et
président d’une section de l’U.N.C. Ses funérailles ont été célébrées le
vendredi 28 août 2026, à 14 heures, en l’église du Sacré-Cœur à
Marcq-en-Barœul, suivies de l’inhumation au cimetière de Merville dans
l’intimité familiale. Nous présentons à son épouse, à ses 4 enfants et leurs
conjoints, à ses 14 petits-enfants et ses 2 arrière-petites-filles ainsi qu’à
toute sa famille et à ses nombreux amis ou associations qu’ils fréquentait
toutes nos condoléances.
Philippe
JOURDAN, président de « Si Pérenchies m’était contée… » (SPMC).
MORT
DE PHILIPPE BOUVARD
TEXTE DU MAIRE SUR L’ANTISEMITISME DANS LE
MONDE ET EN FRANCE
Face à l’augmentation des faits d’antisémitisme
dans notre pays mais aussi ailleurs, le maire de Pérenchies a publié sur les
réseaux le texte suivant :
« Je suis Français, né à Lille de parents
d’origine algérienne. Je suis catholique pratiquant et maire d’une commune où
vivent ensemble des femmes et des hommes de toutes origines, de toutes
convictions et de toutes confessions.
Cette histoire personnelle m’a appris une chose
essentielle : nos différences ne sont pas une menace. Elles font partie de
notre richesse commune lorsqu’elles s’inscrivent dans le respect, la tolérance
et les valeurs de la République.
C’est précisément pour cela qu’aujourd’hui, je
suis profondément révolté par la montée de l’antisémitisme en France et dans le
monde.
Révolté de voir des Français insultés, menacés
ou agressés parce qu’ils sont juifs. Révolté de constater que des paroles que
nous pensions appartenir aux pages les plus sombres de notre histoire puissent
à nouveau être prononcées, parfois ouvertement, parfois plus sournoisement, y
compris dans le débat public ou politique.
L’antisémitisme ne commence pas avec la
violence physique.
Il commence par un mot que l’on laisse passer,
une plaisanterie que l’on banalise, un préjugé que l’on répète, une théorie
complotiste que l’on partage sur les réseaux sociaux. Il commence aussi lorsque
ceux qui devraient réagir choisissent de se taire.
Notre histoire devrait pourtant nous avoir
définitivement vaccinés contre cette indifférence.
Nous savons où peuvent conduire la désignation
de boucs émissaires, la banalisation de la haine et le silence d’une société.
Commémorer la Shoah et les victimes de l’antisémitisme n’a de sens que si cette
mémoire nous permet d’agir aujourd’hui.
Quelle France voulons-nous laisser à nos
enfants ?
Une France dans laquelle un enfant hésiterait à
dire qu’il est juif ? Une France dans laquelle une famille aurait peur
d’afficher sa religion ? Une France dans laquelle certains de nos concitoyens
ne se sentiraient plus pleinement en sécurité dans leur propre pays ?
Je refuse cette France là.
Être républicain, c’est aussi ne jamais choisir
ses victimes.
Je condamne l’antisémitisme avec la même
détermination que je condamne le racisme, la haine des musulmans, des chrétiens
ou de toute personne en raison de son origine, de sa religion ou de sa couleur
de peau.
La République ne hiérarchise pas ses enfants.
Les responsables politiques ont, dans ce
combat, une responsabilité particulière. Nos paroles portent et nos silences
aussi. Aucun calcul électoral, aucune stratégie politique, aucune circonstance
internationale ne peut justifier la moindre ambiguïté face à l’antisémitisme.
Lorsque la haine franchit les limites de la
loi, la justice doit agir avec fermeté.
Mais tout ne peut pas reposer sur la justice et
la police.
Ce combat commence dans les familles et à
l’école. Il passe par l’éducation, la connaissance de l’Histoire, la
transmission de la mémoire et l’apprentissage du respect de l’autre. Les
parents, les enseignants, les associations, les responsables religieux et les
élus ont tous une responsabilité.
Et chacun d’entre nous peut agir.
Refuser une remarque antisémite. Ne pas
partager la haine sur les réseaux sociaux. Soutenir celui qui en est victime.
Signaler ce qui doit l’être. Expliquer l’Histoire à nos enfants. Aller vers
celui que nous connaissons mal plutôt que de le craindre.
Je ne suis pas juif, mais l’antisémitisme me
concerne.
Comme le racisme me concerne.
Comme toutes les formes de haine me concernent.
Parce que je suis citoyen, parce que je suis
Français, parce que je suis élu de la République et, tout simplement, parce que
je refuse qu’un être humain puisse être haï pour ce qu’il est.
L’Histoire nous a suffisamment avertis.
Alors ne détournons pas le regard. Indignons nous, éduquons, condamnons et protégeons.
Et sachons dire, chaque fois que cela sera
nécessaire : « Non. Pas en mon nom. Pas dans ma ville. Pas dans mon pays. »
Face à l’antisémitisme, notre silence ne doit
jamais être une option. »
Philippe JOURDAN
Le 3 septembre 2026.
Edition et
mise en page : Jean-Pierre COMPERE








