jeudi 7 mai 2020

Pérenchies en 1505 grâce à une enquête fiscale


Frédéric FAUCON, président de l’association « Weppes en Flandre », à laquelle notre association d’histoire locale adhère, nous a fait parvenir ce 13 avril 2020 un document qui évoque notre ville en 1505. Il provient des Archives Départementales du Nord et des mémoires de la Commission Historique du Nord. 
En voici le texte accompagné de quelques-uns de nos documents. 

« Nous sommes en 1505. Règne en ce moment sur nos territoires Philippe le Beau, petit-fils de Charles le Téméraire et père de Charles Quint. Dans sa titulature, il se dit encore duc de Bourgogne et comte de Flandre et d'Artois.

Le roi Philippe 1er le Beau vers 1500
Musée d’histoire de l’art de Vienne.

Pour les historiens classiques, l'Europe est entrée dans l'époque de la Renaissance avec la découverte de l'Amérique par Christophe Colomb en 1492.
Mais Pérenchies panse encore les plaies de la fin du Moyen Âge, causées par les affrontements entre la maison d'Autriche et la monarchie française pour la prise de possession de l'héritage bourguignon.
C'est ce que révèle notamment cette enquête fiscale menée en 1505 par les commissaires chargés de cette mission "Jehan Dommessent, licencié es loix, seigneur du Bois Grenier, Jehan du Chesne, maistre des comptes à Lille, Jehan Gomer, conseiller du roy nostre sire, Guillaume Hangouart, lieutenant du bailly de la chastellenie de Lille et Guillaume de Landas" :

" Pour Perenchies comparurent Jehan du Vinage seigneur dudit Perenchies, sire Pasquier Carette, prebstre, vice curé, Anthoine de Saints, Laurens de Sains, Pierre de Montfrancq, Pierart Fresniel et Jehan Cousin, juréz et oÿs sur les faiz et articles contenus esdites instructions.

Et premiers, requiz sur le premier article, dient et deposent, assavoir ledit sire Pasquier "in verbo sacerdotis" et les autres par le serment de leurs corps, que audit lieu il y a 30 feux dont les 14 prendent les biens de le carité des povres, entre lesquelz les deux maisnages envoyent querir leur pain d'huys en huys.


Vêtements paysans vers 1500

Requis sur le deuxiesme article, dient et affirment que lesdis manans occuppent 86 bonniers 2 cens de terre a labeur, et en lieux manoirs, gardins et prez 21 bonniers 1 cent, le bonnier desquelles terres a labeur peult valloir 4 livres 10 solz par an, et en vente 80 livres, et le bonnier de lieux manoirs, gardins et prez en revenuz 16 livres et en vente 300 livres.

Requiz sur le troisiesme article, dient et affirment que ausdis manans appartient 59 vaches, 6 bestes chevallines et cent et cincquante blancques bestes.

Requis sur le 4ème article, dient et affirment que ilz n'ont pas de pasturage commun.

Requis sur le cincquiesme article, dient et affirment que ilz ne scevent pas que nulz personnages demourans en terre exempte tiengnent heritages en leur dismage."



Autres vêtements paysans vers 1500


(Transcription Alain Derville, les enquêtes fiscales de la Flandre wallonne, mémoires de la Commission historique du Nord) »

Frédéric FAUCON, président de l’association « Weppes en Flandre » et de l’association « Lomme des Weppes », travaille également aux Archives Départementales du Nord.
Il a répondu à nos interrogations :
-        Combien vaut un bonnier ? La Flandre wallonne utilise le bonnier de Lille qui vaut environ 1,4 hectare.
-        Que sont les blancques bestes ? Les moutons, brebis et agneaux.
-        Que signifie le cinquième article ? Il s’agit d’une grille d’enquête type mais elle n’est pas publiée.

COMMENTAIRES SUR LE DOCUMENT :
Le texte date de 1505. Le document est aux Archives du Nord. Il a été publié par la Commission historique du Nord.
Jehan du Vinage est le seigneur des Terres de Pérenchies.
On note la présence de sire Pasquier Carette, prêtre et vice-curé.
Le village est composé de 30 foyers. On peut estimer la population pérenchinoise à quelques centaines d’individus. Ils possèdent 59 vaches, 6 chevaux et 150 moutons.
La superficie est d’environ 150 hectares.
On trouve des terres à labourer, des terrains construits, des jardins et des prés.

QUELQUES DOCUMENTS SUR LE SUJET

1)     HISTOIRE DE NOTRE REGION
Pour bien comprendre la situation politique, voici un petit résumé de l’histoire du Nord :
LA GAULE
Deux cents ans avant Jésus-Christ, Les Belges, originaires de Germanie, s’installent dans le nord de la gaule.
Ils s’opposent aux armées romaines.
Des domaines agricoles, les villae, s’implantent.
LES INVASIONS
Vers 430, les Francs occupent la région. Avec Clovis, la région devient mérovingienne.
Vers le Vème siècle, la religion chrétienne se répand rapidement.
Naissance de nombreuses abbayes.
Vers 770, avec Charlemagne (Karl des Gross), la région devient carolingienne. Des comtés découpent le territoire avec à leur tête un comte.
LE MOYEN AGE
Au 9ème siècle, des raids normands ne sont pas régulés par le pouvoir royal. Une aristocratie aidée du clergé catholique prend le pouvoir.
Au Xème siècle, on crée les châtellenies (territoire autour d’un lieu fortifié).
Aux XIe et XIIe siècles, début du commerce textile. Premier signe de liberté avec la construction des beffrois.
LE COMTE DE FLANDRE
Les Comtes de Flandre restent les vassaux du roi de France. Dévastée par les guerres, elle subit des vagues d’épidémies comme la peste noire (1348). 
1214 : Philippe Auguste bat la coalition anglo-flamande à Bouvines.
26 août 1346 : défaite française à Crécy, début de l’invasion anglaise et de la guerre de Cent Ans.
1347 : les bourgeois cèdent la ville de Calais aux Anglais.
1415 : défaite des troupes françaises à Azincourt.
LE DUCHE DE BOURGOGNE
Au XIVème siècle, la région est englobée dans le Duché de Bourgogne. L’industrie du drap enrichit la région.
LES PAYS BAS ESPAGNOLS
Au XVIème siècle, elle fait partie des Pays-Bas espagnols. L’affrontement entre François 1er et Charles Quint se fait cruellement sentir dans la région.
Le protestantisme se répand dans la région. Les troupes espagnoles par de sanglantes représailles entraînent l’exil de milliers de réformés vers l’Allemagne, l’Angleterre et les pays au nord. 
LE ROYAUME DE FRANCE
Au XVIIème siècle, la région devient française avec la conquête du roi Louis XIV qui s’empare de Lille en 1667. 
1692 : découverte de la houille... dans le Boulonnais.
XVIIIe siècle : fort essor des industries textiles, coton et laine, et apparition du grand capitalisme bourgeois.
1792 : guerre de la Révolution. Sièges des Autrichiens à Lille, Dunkerque et Valenciennes.
1870 : guerre franco-allemande.

2)     LES SEIGNEURS DE PERENCHIES
Les terres de Pérenchies appartiennent à des Seigneurs qui portent le nom de Seigneur de Pérenchies. Ils possèdent aussi d’autres terres dont ils portent également les noms.
Extrait de la plaquette « Des origines au troisième millénaire » de l’association « Si Pérenchies m’était contée… »  publiée en septembre 2001.


LES SEIGNEURS DE PERENCHIES.

1)     1183. Siger de Pérenchies.
2)     1214. Bauduin de Pérenchies est fait prisonnier à la bataille de Bouvines. .
3)     1216. Roger de Pérenchies. Il se porte comme caution avec d’autres seigneurs (8) des environs
pour la vente de froment…
4)  1286. Marguerite de Pérenchies et Adam de la Bassée.
5) 1305. Roger de Pérenchies et Maroie, son épouse. Cession de rentes à Béatrix li Aubegeoise, sœur d’Adam de la Bassée, chanoine de Lille.
6) 13..    Robert de Pérenchies
7) 1399. Dame de Rosimbos. Revenus du domaine de Pérenchies. 
8) 4 novembre 1412. Mort de  Bauduin de Pérenchies, fils de Robert. (Epitaphe attachée à la muraille de l’église de Pérenchies.)
9) Mort de Pierre de Pérenchies, fils de Bauduin. Il est enterré dans le cimetière de  Pérenchies. Epitaphe attachée à la muraille de  l’église de Pérenchies. (Mention de sa femme, Jeanne de la Becque,  fille de Simon.).


Monument de Pierre de Pérenchies et de sa femme Jeanne de la Becque daté du XVème siècle.
Photographie de Philippe JOURDAN. Musée des Beaux-Arts de Lille.

Ce monument provient de l’église de Pérenchies. Il a été acquis par le musée des Beaux-Arts de Lille entre 1865 et 1868. C’est un monument funéraire en pierre de Tournai.
Au centre, la vierge assise tient de la main droite l’enfant Jésus posé sur ses genoux.
A leur droite, le défunt, Pierre de Pérenchies (+1412) et ses trois fils sont présentés par Saint-Pierre.
A gauche, la défunte, Jehanne de la Becque (+1393) et ses trois filles sont présentées par Saint-Jean.
Des phylactères arrondis portent les prières des défunts.
En-dessous, se trouve une longue épitaphe en cinq lignes.
Des gonds placés aux extrémités du bas-relief indiquent qu’il a été autrefois fermé par des volets.
Les dimensions (1m90 sur 1m15) en font un des plus gros monuments du genre qui soit.
Il est visible au musée de Lille.

10) 25 novembre 1415. Pierre de Rosembois, seigneur de Pérenchies trouve la mort Azincourt lors de la  bataille contre les Anglais. Il fut enterré à Ruisseauville.     (Rosembois s’orthographie parfois Rosembos ou Rosimbos).


Parchemin daté du 21 novembre 1415 concernant un seigneur de Pérenchies.
Archives du Nord. Cliché Jean-Luc Thieffry. (16G 137 / 1 409).


11)  Marie Des Prez. Fille de Guillaume et femme de Jean, bâtard de Carnin.
12)  1441. Jacques du Vinage achète le domaine de Pérenchies.
13)  1456. Jacques Du Vinage,  seigneur de Pérenchies reçoit deux bonniers d’héritage, et le fief CAPPEL à Pérenchies
14)  1471. Jacques Du Vinage, Chevalier, achète la moissonnerie à Houplines.
15)  Josse Du Vinage, fils de Jacques.
16)  1488. Le 26 juillet 1488 Jean Du Vinaige, seigneur de Pérenchies, cède à Marie de Pérenchies,
veuve de Martin Cocquel, un fief sis à Radinghem.


Confirmation par le bailliage de Lille de la possession par Marie de Pérenchies, veuve de Martin  Cocquel, d’un fief sis à Radinghem qu’elle a acheté à Jean Du Vinaige, seigneur de Pérenchies.
26 juillet 1488. ADN Lille (84J39).

17)  1505. Jean Du Vinage, écuyer, seigneur de Pérenchies, a le fief CAPPEL à Pérenchies.
(Leuridan-1886- cite aussi un Jacques Du Vinage et Marguerite Le Boucq, dite de Carnin qui eurent pour fils Jean Du Vinage, écuyer et époux de Martine Spiking. Jean vendit la seigneurie de Pérenchies, à charge de viage, à Charles d’Oignies, chevalier, seigneur d’Estrées, époux de Jacqueline de Rubempré).
18) Charles d’Oignies. Il épouse Jacqueline de Rubempré.
19) 1578. François d’Oignies. (ou d’Ongnies). François d’Oignies. 3ème fils de Charles, seigneur de Pérenchies et de Beaurepaire, bailli d’Aire. Il épousa en secondes noces Anne-Bonne de Lannoy, Dame de Willerval, d’Allennes et de Beaumont, fille de Gilbert, seigneur de Willerval et de Jeanne de Neupville. Ils eurent pour enfants entre autres Bauduin et Adrien.
20) Bauduin d’Oignies, époux de Maximilienne Van der Meeren. Fils de François. Pas d’enfant.
21) Adrien d’Oignies, fils de François. Gouverneur de Tournai en 1519. Il épouse Jeanne, héritière des Rosimbois, Dame de Fromelle.
22) Philippe d’Oignies. Fils d’Adrien et de Jeanne.
23) Antoine d’Oignies. Fils d’Adrien et de Jeanne. Il épouse Anne de Jausse, dite de  Mastaing, Dame de Sassignies.
24) 1640. Jean-François d’Oignies. Fils d’Antoine et d’Anne de Jausse. Il meurt au siège
d’Arras en 1640. Epoux d’Agnès de Davre.
25) Philippotte d’Oignies. Sœur de Jean-François.
26) 1695. Nicolas François Faulconnier. Ecuyer, receveur des consignations de la Gouvernance et du Bailliage de Lille. Seigneur de Wambrechies, de Villers et de Pérenchies. Annobli en 1671.
27) Son fils meurt sans descendant.
28) Monsieur de Broide, cousin du fils de Nicolas François Faulconnier. Fils d’Henri de Broide et de Dame Faulconnier.
29) 1778. Le 4 octobre 1778, mort de Simon-Charles ROBERT, seigneur de Choisy. Il fut sans doute le gendre de Monsieur de Broide.
30) 1789. Simon Joseph ROBERT. Fils de Simon-Charles Robert. Comte de Robersart, Seigneur de Choisy, de Wambrechies, de Pérenchies, d’Escobecque … Il est présent en 1789 à l’assemblée du Bailliage de Lille pour l’élection des députés aux  Etats Généraux.
3)     LES ARMOIRIES
Chaque seigneur possédait des armoiries. Celles des seigneurs de Pérenchies sont aujourd’hui celles de notre ville.


Sceau de Pierre de Pérenchies daté de 1422. On y voit ses armes.
Archives Départementales du Nord.

Les armoiries de la ville de Pérenchies.
Les griffons et la couronne ne seraient que des éléments décoratifs.

Insigne vendue lors d’une fête de la gymnastique non datée et offerte à l’association par Mlle DEROO
Document SPMC numéro 6 031

On y a, par la suite, ajouté la croix de guerre reçue après la Première Guerre mondiale.
C’est aussi pour cela que les couleurs de la ville sont le rouge (Gueules) et le vert (Sinople). 


Les armoiries de Pérenchies

« De sinople à l’écu d’argent et un bâton componé de gueules et d’argent brochant sur le tout. Croix de guerre 1914/1918. »

Vocabulaire des armoiries (Armorial du Nord. LEURIDAN. 1909. )  :
Sinople : la couleur verte. En gravure, on l’indique par des traits diagonaux, de dextre à senestre, dans le sens de la bande.
Argent : l’un des deux métaux usités en armoiries. En gravure, on l’indique par une surface unie, sans hachure.
Bâton : sorte de bande ou de barre n’ayant que le tiers de la largeur ordinaire de la bande ou de la barre.
Componé : une pièce formée par deux lignes parallèles est dite componée quand elle est partagée en tranches alternativement de métal et de couleur.
Gueules : la couleur rouge. Elle est figurée en gravure par des traits verticaux.
Brochant : se dit de toutes pièces et meubles posés sur d’autres, ou passant sur d’autres, en les cachant en partie.

4)     LA FAMILLE DUVINAGE ET LA SEIGNEURIE DE PERENCHIES

Notes extraites du document «  du Vinage, Geschichte und Urkunden » de Hans du Vinage. 1933.
D’après la traduction faite par Robert Eftimakis en 1996 pour les annales du Comité Flamand de France. Tome 54.1996.

Jacques du Vinage est né vers 1413.
L’université de Paris étant fermée aux étudiants des Pays-Bas pour cause de guerre, Jacques s’inscrit à l’université de Louvain. Il obtient un doctorat en droit.
En 1441, propriétaire à Verlinghem, il achète le domaine de Pérenchies, une châtellenie qui date du XIIème siècle.
Celle-ci se compose de 13 bonniers de terres en plusieurs parcelles, sans compter les bois.
Vers 1456, les revenus de ce domaine  sont les suivants :
- 17 rasières  ( 1 hectolitre ) de blé à la Saint Rémi (13 janvier).
- 21 chapons et demi ( ? ) à la Noël.
- 9 muids 11 rasières 2 havots ( 23 hectolitres ) d’avoine le 15 mars et le 1er mai.
- Une redevance de 10 livres 14 deniers d’argent et 34 sous.
- 46 œufs.
- Une oie et demie.
En 1444, il achète le fief des Brissons à Verlinghem.
En 1447, il est « conseiller ordinaire ou de robe » au conseil de Flandre qui siège à Termonde pour le compte de Philippe le Bon, duc de Bourgogne. Cette charge lui rapporte 318 livres en 1450 et 351 livres en 1451.
Le conseil siègera ensuite à Ypres où les archives signalent la ponctualité et la conscience professionnelle  de ce conseiller.
En 1456, il est seigneur de Pérenchies et Cappel. Il détient la juridiction vicomtière (vicus = village). Il peut faire appliquer la justice patibulaire, mais seulement par le « gibet à deux piliers, le pilori, le carcan et la prison ». Les crimes plus importants (meurtres, pillages, incendies, banditisme de grand chemin) relevaient de la haute juridiction.
Le seigneur avait la première place à l’église. On lui présentait l’eau bénite et le pain. On l’encensait juste après le Clergé. On mentionnait son nom au début du sermon.
Il avait le premier rang dans les processions.
Il pouvait se faire présenter les comptes de la paroisse. Il était le premier à apposer sa signature, nommait les administrateurs paroissiaux et les responsables du service des pauvres.
C’est lui qui ouvrait le bal annuel à la ducasse.
Il avait aussi la place d’honneur au cimetière.  
En 1463, il devient lieutenant-général du bailli d’Amiens. (Le bailli est un fonctionnaire qui reçoit un salaire en argent. Il change de secteur tous les deux ans et ne doit pas être originaire du lieu. Il lève les impôts, assure les fonctions de police, dispose des pouvoirs juridiques, financiers et militaires. Il convoque l’armée territoriale en cas de guerre).
Jacques du Vinage est donc le bras droit du bailli de la Somme.
Le Duc de Bourgogne rend alors les villes de la Somme au roi de France, Louis XI.
Jacques est alors désigné dans les archives comme le représentant du roi de France.
Par la suite, le duc de Bourgogne Philippe le Bon, père de Charles le Téméraire, chassera  le seigneur de Croÿ et essaiera de reprendre les villes de la Somme au roi de France.
Jacques du Vinage démissionne et rejoint son poste de conseiller au Conseil de Flandre.
A cette époque, il possède le domaine de la Moussonnerie à Houplines et devient Seigneur de Kemmel vers 1467.
En 1484, il meurt.
Il a eu 5 enfants de son premier mariage. Il se mariera ensuite encore deux fois.
La dot des trois épouses semble considérable mais l’héritage sera source de nombreux procès.
Son fils aîné se nomme Jean du Vinage.
Il épouse le 15 avril 1480 Jehenne de Douay, fille  de Jean Audeffroy, ancien premier Echevin de Douai. Jehan du Vinage devient donc second échevin à Douai vers 1483.
Le 4 octobre 1499,  Jehan acquiert la bourgeoisie de Lille.
Il meurt en 1526 sans enfant.
Il avait reçu de son père, Jacques, Pérenchies et Kemmel.
Son frère, Lambert, avait reçu Radinghem et Prémesques.
Sa sœur, Agnès, et son frère, Josse, reçoivent, quant  à eux, leur part d’héritage.
Agnès, qui avait droit au quart de Pérenchies, meurt en 1512 et sa part revient à Jean qui la cède à un cousin.
La seigneurie de Pérenchies sera alors cédée à Charles d’Oignies, moyennant une rente annuelle.
Vers 1543, la famille du Vinage est toujours présente sur Lompret.
Un certain Jacques du Vinage aurait laissé dix sous d’argent en 1524 pour qu’un cierge brûle devant la statue de la Vierge, protectrice de la paroisse de ce village. Celui-ci y serait d’ailleurs né. Il serait mort en 1581 peut-être à Canterbury.
Les thèses réformées du moine allemand Martin Luther arrivent sur Lille vers 1521. Le calvinisme se propage dans la région. Un certain Jean, serrurier de Camphin, tient à Pérenchies une école où sont étudiés les livres des réformés. Il sera banni de la Flandre pour 6 ans. Des exactions, des pillages et des meurtres ont lieu dans notre région. On fait la chasse aux réformés dont certains se réfugient en Angleterre.
Quelques membres de la famille du Vinage restent fidèles à la religion catholique. D’autres sont attirés par la nouvelle religion qu’est le protestantisme.
En 1598, par l’Edit de Nantes, les troubles se calment. Les frères Arnould et Jean du Vinage quitteront Pérenchies pour Calais, ville où se trouvent,  dans les environs, des temples protestants.
Arnould est né à Pérenchies en 1604. Il habitera à Coquelles avec ses trois enfants et son épouse.
Jean est aussi né à Pérenchies, mais en 1606.
Après l’assassinat d’Henri IV, la tolérance envers les réformés n’est plus la même.
Le 18 octobre 1685, Louis XIV révoque l’Edit de Nantes et supprime la liberté de culte.
Les du Vinage quittent la France vers des horizons moins hostiles à travers le monde. Certains traverseront la Manche pour l’Angleterre. D’autres immigreront vers la région de Brandebourg en Prusse.
Peu à peu, la colonie se germanise. Cependant, la langue et les traditions françaises resteront longtemps dans les usages familiaux.

De cette implantation sera issu Hans DUVINAGE qui reconstituera l’histoire de la famille. Officier allemand durant la guerre 1914/1918, il viendra à Pérenchies plusieurs fois pendant la guerre puis quelques années plus tard.


Hans DUVINAGE, officier allemand, descendant des anciens seigneurs de Pérenchies,
photographié en 1905. Document SPMC numéro 3 372


Hans DUVINAGE, officier allemand, descendant des anciens seigneurs de Pérenchies,
photographié le 2 janvier 1915. Document SPMC numéro 3 374


Hans Duvinage, né le 30 12 1881vers la fin de sa vie.
Document SPMC numéro 3 376



En 1976, son descendant, le Commandant Jurgend Duvinage découvrira notre commune. Il y reviendra encore deux fois avec son épouse Renate dont la dernière en 2001.


Venue de M. Duvinage sur la terre de ses ancêtres en 1976.
Article de presse de la Voix du Nord du 18 mai 1976.  Document SPMC numéro 4 732

Jurgend et Renate DUVINAGE en 2001
Document SPMC numéro 3 090
Par la suite, d’autres membres de la famille viendront aussi à Pérenchies sur la terre de leurs ancêtres.


Venue de membres de la famille DUVINAGE en mairie en 1976. Article de presse de la Voix du Nord.
Document SPMC numéro 3 379


5)     L’ORIGINE DU NOM DE PERENCHIES

Personne ne peut donner à ce jour l’origine exacte du nom de notre commune. Selon les ouvrages et les spécialistes, plusieurs propositions sont avancées :

ANNUAIRE RAVET ANCEAU :

Fin du mot dérivé du suffixe Lacus que précède sans doute un nom d’homme.


M. BECQUART. (1879) :

Du celtique Phaer ind sich. Signifierait « Signal remarquable de l’intérieur ».


PARCHEMIN DE 1101.

Archives Départementales. Pérenchies s’écrit « PENCIES » avec       une croix sur le « P ». La lettre pourrait vouloir dire Paster. Il pourrait s’agir d’un domaine d’église.


DICTIONNAIRE ETYMOLOGIQUE DES LIEUX DE FRANCE. « A.D. B39-2 » P.525.

Pérenchies, Nord. Perrancey, Haute Marne.(Perrenceium, 1239).

Prénom de femme germanique. Perinza et suffixe iacum.

ENSEIGNEMENT DE l’HISTOIRE LOCALE A L’ECOLE NORMALE DE LILLE (Philippe MARCHAND, M. SOUFFLET)

Vient de ACUS ou IACUS qui signifie territoire.

ORTHOGRAPHES DU NOM

A travers les âges, on trouve différentes orthographes :

1101 : PENCIES. Parchemin.
1143 : PERENCHIES. Titre de Saint Pierre de Lille.
1177 : PERENCHIEZ. Carte de Saint Vaast.

1214 : PERENTHIERES. Carte du Mont Saint Martin.
1240 : PERENCHIES. Carte de Saint Pierre de Lille.
1284 : PIERENCHIES. Cession de rentes de Roger de Pérenchies.
1284 : PIERENCIES. Copie de la cession de rentes de Roger de Pérenchies.

1399 : PERENCHIES. Revenus du domaine de Pérenchies. Mme de Rosimbos.

1416 : PIERENCHIES. Restitution d’une dague volée.
1422 : PIERENCHIES. Document portant le sceau de Pierre de Pérenchies.
1488 : PERENCHIES. Possession d’un fief par Marie de Pérenchies.

1568 : PERENCHIES. Recueil du diocèse de Tournai.

1603 : PERENCHY. Monument de Philippe d’Oignies.

6)     HISTOIRE DE PERENCHIES DES ORIGINES A LA REVOLUTION


Le plus vieux document écrit date de 1101. C’est un parchemin qui se trouve aux Archives du Nord.


Parchemin en date de 1101.
Plus vieux document écrit portant la mention de Pérenchies (Pencies)
Archives Départementales du Nord. AD 16G98. Pièce 1013.
Le plus vieux document écrit qui mentionne le nom de notre commune est un parchemin daté de l’année 1101.
Il se trouve aux archives départementales du Nord à Lille (AD 16G98. Pièce 1013). L’orthographe en est « PENCIES ».
La lettre « P » porte une barre qui lui donne le tracé d’une croix. Cette abréviation donnerait à la lettre, selon certains chercheurs, le sens de « Paster » !
Dans ce document, l’évêque de Tournai, Baudry, cède les revenus de l’autel de Pérenchies au bénéfice des pauvres.
On y apprend aussi que « les prêtres qui y seront nommés acquitteront comme auparavant les redevances envers l’évêque et ses ministres, prendront soin des âmes et n’oublieront pas de célébrer l’anniversaire de la mort de l’évêque. »

Traduction du parchemin faite par monsieur Roger HERRENG

«  Au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit.
Moi, Baudry, par la grâce de Dieu, évêque de Tournai et de Noyon, à tous les prêtres qui dans la foi chrétienne s’efforcent de gagner le bonheur éternel, comme à ceux qui dans le cadre de notre sainte mère l’église travaillent à l’étendre, la développer et la soutenir.
Désirant maintenir de façon inébranlable ce que nous avons accordé aux ministres de Dieu, serviteurs de l’église pour subvenir à leurs besoins, nous souhaitons l’annoncer aux fidèles d’aujourd’hui et le consigner en un document écrit à l’attention des générations futures.
Que tous les fidèles présents et à venir sachent donc que Raimbert, Chantre de l’église de Lille et Guibaud, Chanoine de la même église et Abbé de l’église de Seclin, ainsi que notre frère Achard, prêtre, se sont présentés devant nous et ont souhaité humblement que nous concédions à l’église de Lille les autels qu’ils tenaient de notre autorité.
Ils nous ont demandé de confirmer cette donation à titre définitif.
Ainsi donc, après avis de Lambert, Archiviste et avec son accord, conformément aux pièces de nos clercs, nous accordons à la demande du Chantre et de l’Abbé nommés ci-dessus l’autel de Lomme et Lambersart et l’autel de Verlinghem au bénéfice de nos frères qui servent le Seigneur et l’autel de Pérenchies à la demande du Prêtre ci-dessus au bénéfice des pauvres à condition qu’ils acquittent comme auparavant les redevances d’usage à l’Evêque et à ses Ministres et que les prêtres qui y seront nommés par les Chanoines prennent soin des âmes sous l’autorité de l’Evêque et de ses Ministres.
En outre, que les Chanoines n’oublient pas de célébrer l’anniversaire de notre mort.
Pour que notre donation soit tenue pour définitive, nous l’avons fait garantir sous peine d’excommunication par l’autorité pontificale et l’avons fait sceller par l’apposition de notre sceau. »

En ce temps là…
Dans plusieurs ouvrages que l’on trouve aux archives départementales, des auteurs ont raconté l’histoire des communes de notre région.
Ainsi en 1858, M. Duthilloeul, en 1879, M. Becquart et en 1886 et en 1905, M. Leuridan.
Il convient cependant d’être prudent sur ces écrits.
Si certains documents demeurent toujours au sein des archives départementales, cela n’est pas vrai pour toutes les affirmations que l’on trouve dans ces livres.
Les lignes suivantes ne seront donc citées que comme des écrits de ces personnes et devront, dans les années qui viennent, être vérifiées en retrouvant les archives d’origine.


1167.
Bibliothèque Nationale. Paris. Cartulaire de Saint-Quentin. Folio 63 V.( Document extrait de « Les Templiers en Flandre-Hainaut-Brabant-Liège et Luxembourg » de Laurent DAILLIEZ.)

PERENCHIES (Nord, arr. Lille et.Quesnoy sur Deûle, lieu-dit le Temple).
Première commanderie lilloise, Pérenchies sera rapidement évincée par la Haie sous la juridiction de laquelle elle sera rapidement mise.
Si de certaines commanderies nous avons des actes épars concernant uniquement les biens et les propriétés, les procès et les arbitrages, de Pérenchies nous avons un seul acte et il s’agit de la fondation de la commanderie, ce qui est très rare. Cette fondation date de 1167.
Cette année-là, le prieur de Saint-Quentin en l’Isle, Dom Bauduin, notifie que du consentement et de l’avis de son chapitre, il cède la terre qui appartient à son monastère et qui se situe à Pérenchies aux frères de la Milice du temple.
Cette donation comprenait aussi tous les hommes attachés à cette terre.
Les frères du Temple s’engagent à payer le cens d’un demi marc d’argent aux religieux de la dite abbaye et cela chaque année pour la Noël.
Les frères s’engagent aussi à élever et entretenir un prêtre.
 Cet acte est passé en présence de frère Bauduin de Lithdenghem, commandeur de Flandre, David, chapelain de la maison du temple de Douai et Philippe, Comte de Flandre et de Vermandois.

1167.
(Statistique féodale du département du Nord par Leuridan. 1897.)
« Le Temple de Pérenchies. Les Templiers possédaient à Pérenchies et à Verlinghem 22 bonniers de terre à labour et pâturages qui leur avaient été cédés par les religieux de Saint- Quentin de l’Ile. (31,47 ha).

En 1312, lorsque les Chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem prirent possession des biens de l’ordre du temple, la maison de Pérenchies échut à la commanderie de Haute-Avesnes.
Elle fut détachée en 1565 et attribuée à la baillie de Caestres.

Le Commandeur avait toute justice et seigneurie dans sa terre de Pérenchies.
Il percevait des cens et autres droits seigneuriaux dans les villages de Pérenchies et de Verlinghem, ainsi que plusieurs maisons et héritages à Lompret, Wambrechies, Faches et autres lieux de la Châtellenie de Lille.
Le revenu de l’ancien Temple de Pérenchies était en 1661 de 450 florins, de 840 florins en 1757 et en 1783, de 1 440 livres. (Mannier, les Commanderies).

1167.
(ADN. BIBL 1551. Duthilloeul. 1858).
A Pérenchies se trouve un hameau appelé le Prévôté où se trouvait probablement une maison appartenant à l’ordre du temple car, en 1738, on y a découvert une pierre brisée. Sur l’un de ses fragments, se lisaient ces mots :
«  Non nobis, Domine, non nobis, sed nom… ».
Il s’agit de la devise de cet ordre qui est :
«  Non nobis, Domine, non nobis, sed nomini tuo da gloriam.  »
et qui signifie :
«  Ce n’est pas à nous, Seigneur, ce n’est pas à nous, qu’il faut accorder la gloire ; mais à ton nom !  ».

1284.
(AD LILLE – 16G288 pièce 2542).
Le vendredi 5 novembre 1284, Wallerand de Luxembourg approuve une cession de rentes faite par Roger de Pérenchies et Maroie sa femme à Béatrix li Aubegeoise, sœur d’Adam de la Bassée, chanoine de Lille.
(AD LILLE-16G288 pièce 2542 Bis).
Copie de la cession de rente faite par Roger de Pérenchies le 5 novembre 1284.


Parchemin daté du 5 novembre 1284
Archives Départementales du Nord. 16G288/2 542

1340.
(BECQUART 1879).
Guerre civile. Une armée sans discipline pille les villages autour de Lille.

1344.
(AD LILLE. BIBL 586).
 Cartulaire de Saint-Pierre de Lille. Gilles de la Flamengherie dit Soukaert est curé de Pérenchies.

1345.
(Eglise saint Léger. Tableaux des curés).
Création de la Paroisse de Pérenchies.

1382.
(Eglise de Pérenchies. Tableaux des curés).
Philippe LAMBERT est le curé de Pérenchies.

1385.
(A.D. 10044 29-31.
Miscellanées révolutionnaires). Le curé de Pérenchies s’appelle Philippe LAMBERT.

1399.
(AD LILLE-J963-965 pièce J 965).
Novembre 1399. Rentes de madame de Rosimbos. Revenus du domaine de Pérenchies.

1415.
(AD LILLE-16G1409 pièce 137).
Le 21 novembre 1415. Sentence de Pierre le Nepveu, lieutenant du souverain bailliage de lille, condamnant Pierrot Sesquanne et Baudechon de Pérenchies, sergents de la prévôté de Lille à restituer la dague qu’ils avaient prise à Hennequin du Mares dans le cimetière et pourpris de Saint-Pierre de Lille.

1415.
(AD LILLE- W13. LEURIDAN).
Pierre de Rosembos, écuyer d’écurie du duc de Bourgogne, seigneur de Pérenchies et de la Caulerie meurt à Azincourt.
On lui fit l’épitaphe suivante que relève Leuridan dans le manuscrit de Jacques Le Groux, (article Fournes)
           
EPITAPHE DE PIERRE DE ROSEMBOS. 1415.

Par grand désir d’honneur acquerre alla chil escuyer en guerre,
Et pour le Roi, son droit seigneur, souffrit mainte paine et labeur.
Escuyer de très grand loz nommé Pierre de Rosimbos,
Larges, courtois, beaux, secrets, et de tous gens estoit aymé.
En son temps tint la Seigneurie de la ville de Pérenchies,
Et aussy de la Caulerie. Escuyer fut de l’Escurie
De haut, puissant et redoubté  le duc Jean plein de bonté.
Et perdy emprès Ruisseauville la vie en l’an IVe mille
Et quinze, si comme me remembre, vingt et cinquième jour de novembre.
Priez pour lui qui cy passez, et pour tous les autres trespassez.

1415.
(Syndicat d’Initiative d’Azincourt. 1983).
«  Suite à votre courrier, je vous signale qu’il n’existe aucune trace matérielle de l’épitaphe de Pierre de Rosembos. »

1415.
(M. Henguelle. Président du Syndicat des Eaux d’Azincourt. Ruisseauville. 1983.)
«  Concernant le nom du Seigneur qui aurait trouvé la mort à Azincourt en 1415, nous ne possédons aucune trace pouvant vous aider. 
10 000 chevaliers ont été enterrés à Ruisseauville par les moines de l’Abbaye… »

1416.
(AD LILLE- 16G137 pièce 1411).
Le 19 mai 1416. Commission par Hue de Lannoy, seigneur de Beaumont, gouverneur du souverain bailliage de Lille au premier sergent du bailliage pour faire restituer au chapitre Saint-Pierre une dague que Pierrot Sesquanne et Baudechon de Pérenchies, sergents de la prévôté de lille avaient prise à Hennequin du Mares en la juridiction de saint Pierre.


Parchemin avec la présence d’un seigneur de Pérenchies en 1422.
Archives du Nord. Cliché Jean-Luc Thieffry (16G294/2 566)


Parchemin avec la présence d’un seigneur de Pérenchies en 1440.
Archives du Nord. Cliché Jean-Luc Thieffry (16G249/2 082 ter)

1482.
(BECQUART. 1879).
Suite à la mort de Marie de Bourgogne, le roi de France, Louis XI, envoie 15 000 hommes dans la châtellenie de Lille. Pérenchies est saccagée par les troupes.

1488.
(AD LILLE. 84J39).
Le 26 juillet 1488. Confirmation par le bailliage de Lille de la possession par Marie de Pérenchies,  veuve de Martin Cocquel, d’un fief sis à Radinghem qu’elle a acheté à Jean du Vinaige, seigneur de Pérenchies.

1561.
(Becquart. 1879).
Mathieu Launoi rassemble les foules pour ses prédications.
Apôtre des Calvinistes et des « Gueux », exorcisa deux possédés, à Pérenchies, payés pour jouer ce rôle.
(Vanderhaer, Châtelains de Lille et Prouvost, Histoire de Wattrelos).XVIème siècle.
(Becquart. 1879). Un certain Jean Serrurier de Gruson (ou un certain Jean, serrurier de Gruson) est banni de Flandre pour avoir tenu à Pérenchies une école où étaient enseignés les principes de la religion réformée - 
Frossart. L’église sous la croix.


1568.
(Revue du Nord. Conseil des troubles. N° 32. Liasse 549-1.2). Ecole normale de Lille.
Recueil de 1568/1569 donnant le nom des personnes qui enseignaient dans le diocèse de Tournai.
Extrait et Brief reoeul des Informations ensuyvant la charge et commandement de monseigneur le revendissime de Tournay. Archives de Belgique.

«  Quant aux villaiges du Quartier de Lille cy dessoubs nommez, enseignent la jeunesse lire et escrire Pérenchies, le coustre Mathieu Ghesquiere. ».

(Coustre viendrait de costor qui signifie gardien, sacristain).

1581.
(Becquart. 1879).
Les pillards de la garnison de Menin arrivent à Pérenchies après avoir brûlé l’église de Wambrechies.

1603.
(Album de Croÿ).
Des gouaches sont réalisées par Adrien de Montigny pour le Duc de Croÿ.
Elles représentent les différentes terres et lieux lui appartenant. Il semblerait que d’autres terres ne lui appartenant pas auraient été représentées. Patrick ANSAR affirmait que Pérenchies n’appartenait pas au Duc.
Néanmoins, Pérenchies se trouve ainsi représentée.
(Il faut être prudent sur ces réalisations. Des erreurs peuvent s’y être glissées. En effet, les dessins devaient être réalisés lors de la belle saison puis retravaillés en hiver en atelier).
A gauche, se trouve l’église sur l’actuel square de la rue du Général Leclerc.
A droite, le château qui deviendra le château Agache entouré de douves et, à côté, sa ferme. Les deux rues sont les actuelles rues Agache et Leclerc. Les maisons sont en terre battue recouvertes de chaume.  


Album de Croÿ. Pérenchies vers 1603.

1670.
(Recueil de la noblesse des Pays-Bas de Flandre et d’Artois par le Boucq de Ternas).
P 334 et 335. Année 1670. TURPIN DE PERINCHICOURT.
Diplôme délivré à Paris par Maximilien Turpin de Périnchicourt, contrôleur du domaine de la chatellenie de Lille qui fut reçu comme chevalier servant des ordres royaux et militaires de N. O. du Mont Carmel et de Saint-Lazare de Jérusalem dans les Pays-Bas (cédés à la France en vertu du traité des Pyrénées) par Charles de Nerestaing, chef général et grand maître desdits ordres royaux. (LXXVIIe registre des chartes, folio 240)


Carte de Pérenchies en 1689.
Provenance Internet.


1696.
(ADN LILLE. PLAN 2660). 17 octobre 1696.
Plan figuratif de la cense du Fallot à Frelinghien, Verlinghem et Pérenchies.
Archives hospitalières de Lille. Fonds Hôpital Saint Julien XVIII H3.
On y voit les propriétés le long de la rue de la Prévôté et de la ruelle à prûnes.
Y figurent le château des prévostés et la chapelle.



16  octobre 1696. Plan figuratif de la cense du Fallot à Frelinghien, Verlinghem et Pérenchies.
ADN LILLE. PLAN 266O. Archives départementales du Nord. Photo : Jean-Luc Thieffry.

1708.
(Becquart. 879).
Siège de Lille par les forces alliées. Les troupes se répandent dans les campagnes. Hiver terrible. Famine.

1713.
(Pour connaître la Région Nord Pas de calais. Hachette. 1991).
En 1713, Louis XIV signe le Traité d’Utrecht. Notre région devint alors définitivement française.


Pérenchies vers 1730/1735

1745.
(A.C. de Pérenchies). Selon une délibération du Conseil Municipal de 1906, l’ancien presbytère aurait été construit en 1745.

1753.
(ADN Tabellion 5669. Folio 32).
«  L’an mille sept cent cinquante-trois,  le douze juillet, Pierre Michel Ducastel, fils de feu Pierre Michel, Marguillier moderne de la paroisse de Pérenchies, après publication et affixion de Billets fait le dimanche précédent à la sortie de la messe paroissiale …lieu, expose en sa qualité au plus offrant et mieux disant en la manière accoutumée en ferme et louage plusieurs quartiers de biens à labour appartenant à la dite église ci-après déclaré et sous les conditions suivantes :
Prime tous les preneurs et les adjudicataires ont déclaré avoir connaissance des habouts, situations, grandeurs et mouvance des parties ci-après énoncés et ils …
Les dites parties seront affermez pour le terme de six années consécutives  et en suivant l’un l’autre à la Saint-Rémy prochain 1753.  Seront les preneurs tenus de  donnée bonne et suffisante caution  …en la Chatelenie de Lille et de  …quan toute fois qu’ils en seront requis à leurs frais et dépenses le tout à l’appaisement du Bailleur ou successeur en office lequel s’obligera vers la dite église aux prix, clauses, devis et conditions des héritages … »



Carte de la Mannée de Lille. Vers 1768.
(la Mannée est un territoire autour de Lille)

Philippe JOURDAN
16 avril 2020




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Si Pérenchies m’était contée…
67, rue Jean MOULIN
59840 PERENCHIES



Correction and editing for modern french, Jean-Pierre COMPERE blog administrator

2 commentaires:

  1. Eliane HAUSPIE8 mai 2020 à 11:39

    Bonjour
    quelle belle leçon d’histoire et quel travail
    passionnant, ce matin j’ai été gâtée pour la passionnée d’histoire que je suis
    merci à vous tous
    félicitations
    bonne journée
    ELIANE

    RépondreSupprimer
  2. Christophe Lenfant13 mai 2020 à 21:24

    Je découvre cette publication sur l'histoire de Pérenchies, d'où je suis originaire. C'est un beau travail. Félicitations et bonne continuation à votre équipe.
    Christophe Lenfant

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